La vie du chantier

Construisonsnotre route ensemble

LES TERRASSEMENTS

Rien ne se perd tout se transforme

Les terrassements sont une étape clé de toute construction de voirie. Ils consistent à aménager le terrain afin de lui donner le relief voulu, pour ensuite réaliser la voirie. La terre déblayée est utilisée – autant que possible – pour élever les nouveaux remblais. Tout l’art des terrassiers est d’ajuster leur travail en fonction de la nature des matériaux et de l’ouvrage à construire. Le Viaduc de Varennes étant situé sur une zone inondable, une attention particulière est portée sur le pied du remblais qui peut être soumis à des inondations régulières.

L’objectif des travaux réalisés près du Viaduc de Varennes, est de préparer et de mettre à niveau le sol qui accueillera les futures chaussées. Pour monter les remblais, plusieurs couches de matériaux sont superposées. Afin d’avoir un sol consolidé avant la réalisation des chaussées, plusieurs semaines seront nécessaires au tassement du sol. Pour accélérer ce tassement et au vu de la typologie du sol, une base drainante est primordiale. Pour cela, des drains sont enfoncés verticalement dans le sol, à 6/7 m de profondeur, afin d’absorber l’excès d’humidité de cette terre. Grâce à ce système, 2 mois suffisent pour obtenir un sol suffisamment tassé, contre 6 mois sans drainage.

Un matériau spécial dit ZIZH (zone inondable et zone humide), est ensuite déposé sur environ 2,50 m de hauteur pour protéger le remblai face à l’eau des inondations. Il s’agit notamment de cailloux en provenance de la carrière de Sainte-Cécile (Saône-et-Loire), qui ont la particularité d’être insensibles à l’eau et au gel. Pour finir, on ajoutera un remblai classique, composé de matériaux préalablement traités à la chaux, pour réduire leur teneur en eau et ainsi augmenter les performances du sol. Pour suivre la progression du tassement, un petit regard et des sphères ont été installés en dessous du remblai. Au final, le tassement peut atteindre 20 à 30 cm.

Le remblai ainsi construit et bien compacté, dégagé de tout risque d’excès d’humidité, sera suffisamment solide et stable sur la durée pour accueillir la future chaussée d’accès au viaduc.

* Le saviez-vous ?

Le déblai consiste à enlever des terres pour niveler ou baisser le sol.

Le remblai, à l’inverse, consiste à ajouter de la terre et/ou d’autres matériaux pour niveler ou élever le sol.

Portrait

Antoine SCHWEISGUTH, véritable Maestro du chantier d’élargissement de l’A406-N79

« Le respect de la qualité et du planning pour ouvrir la nouvelle voie et les nouveaux ouvrages à la circulation en temps et en heure, sont des objectifs prioritaires. Pour cela, l’ensemble des travaux doivent être réalisés de manière concertée et réfléchie, en gardant en tête que l’enjeu principal est de garantir la sécurité des travailleurs et des usagers de la route. »

En sa qualité de directeur de la maîtrise d’œuvre travaux, la mission principale d’Antoine Schweisguth consiste à diriger le contrôle de la bonne exécution des travaux par les entreprises titulaires des marchés. « Je suis aussi régulièrement amené à rencontrer les riverains de l’A406 des communes de Mâcon, de Charnay-Lès-Mâcon et de Varennes-Lès-Mâcon ».

ll est donc amené à échanger avec l’ensemble des acteurs qui interviennent sur le chantier de l’A406-N79 et, bien entendu, avec Isabelle Lacharme, conducteur d’opérations grands projets, qui assure la réalisation du projet conformément aux études menées et dans le délai imparti.

S’il garde toujours en tête l’objectif de livrer le chantier dans les temps, il fait de la sécurité des usagers et des intervenants une priorité. « La particularité de ce chantier est d’être réalisé dans l’environnement d’une autoroute en exploitation, c’est-à-dire avec maintien de la circulation pendant l’élargissement de l’axe Mâcon-Prissé à 2×2 voies ». Pour cela, Antoine Schweisguth travaille en étroite collaboration avec Eric Perraud, chef du district du Val de Saône et garant de la sécurité de tous sur les chantiers, pour mettre en place le dispositif de sécurité adéquat.

Délais, normes, planning… le directeur de la maîtrise d’œuvre, en vrai chef d’orchestre, doit également penser environnement ! Pour le site de l’A406-N79, il s’agit de préserver l’habitat naturel de l’Agrion de mercure, une espèce protégée de libellules bleues signalée sur ce tracé.

Viaduc de Varennes

les pieds dans l’eau

Cet hiver pluvieux a fait monter le niveau des cours d’eau. À Mâcon, la Saône est montée et a frôlé les quais de la ville. Cette eau était nécessaire et attendue.

Dans le secteur en travaux au niveau de la liaison A406 / RCEA, l’eau est également montée et le chantier a été arrêté pour cause d’inondation.

Et alors ? Il est vrai que le site de construction des piles du viaduc de Varennes est reconnue comme un champ d’expansion des crues. Il se remplit, telle une cuvette, protégeant notamment la circulation sur la route départementale en limite du chantier. L’organisation des équipes sur place, bâtie autour d’un management de l’environnement, a permis d’anticiper efficacement ce phénomène par un système d’alerte et l’application d’une procédure d’exploitation dédiée. Ainsi, tous les éléments « à risque » du chantier ont été déplacés en lieu sûr avant l’événement, seuls les éléments lestés ou arrimés sont restés sur place. Le remplissage du champ d’inondation s’est donc déroulé normalement, protégeant ainsi les populations, les biens et l’environnement.

Portrait

Isabelle Lacharme : Conducteur d’opérations grands projets.

« Ce projet est certes technique avec des travaux sous circulation mais c’est aussi une aventure humaine avec une grande richesse d’interlocuteurs qu’il faut savoir écouter, à qui il faut apporter de l’information et des réponses face à un chantier de cette ampleur. »

 

Isabelle Lacharme, conducteur d’opérations grands projets depuis cinq ans, représente le maître d’ouvrage APRR. Isabelle doit s’assurer que le projet sera réalisé dans les règles de l’art, conformément aux études menées, mais également dans le délai imparti. La première étape de ses missions est de mener les études et les procédures d’autorisations pour pouvoir débuter les travaux. La seconde, en cours, consiste à vérifier que les travaux se déroulent conformément aux engagements APRR et dans les délais annoncés. Pour ce faire, une interaction permanente avec l’ensemble des parties prenantes participant au projet, est nécessaire.

Portrait

Éric Perraud : chef du district du Val de Saône.

« L’enjeu essentiel de ce chantier est la sécurité de tous. C’est complexe, il faut trouver le bon compromis entre la sécurité de nos collaborateurs et des clients sachant que sur les deux il ne faut absolument pas transiger. Tout le monde gravite dans le même environnement mais pas avec les mêmes intérêts c’est ce qui génère la complexité de beaucoup de situations.»

Depuis 3 ans, Éric Perraud occupe le poste de chef du district du Val de Saône où avec une équipe de 44 personnes, il est le garant de la sécurité de tous sur les chantiers. Il doit assurer conjointement la fluidité du trafic ainsi que la sécurité et le confort des usagers avec des missions de surveillance, d’entretiens et d’interventions en cas d’événements aléatoires (pannes, accidents…), mais la véritable thématique qui conditionne la réflexion dans l’organisation du travail et du chantier est la sécurité de tous sur le site : les agents APRR, les entreprises intervenantes et les usagers de la route.

En étroite collaboration avec Isabelle Lacharme, conducteur d’opérations, Éric et ses équipes interviennent en amont du chantier pour définir en fonction des travaux, les poses et déposes des balisages du chantier ainsi que les modes opératoires associés. Un travail de concertation, de réflexion et d’anticipation pour assurer le bon déroulement du chantier mais également l’exploitation et l’entretien du site et de ses ouvrages après les travaux. L’objectif principal d’Éric étant de permettre à chaque corps de métier et à chaque agent d’intervenir sur le chantier en toute sûreté mais aussi d’assurer une bonne compréhension de l’ensemble des travaux aux usagers de la route.